Attaque massive

Aimer. La seule solution à ce problème, c’est aimer. Parce qu’haïr, c’est mourir. Donc, aimer, c’est vivre. À commencer par soi.

Jujube est d’une tristesse ce matin qu’il me fait honte. Comment est-ce qu’un chat peut paraître si triste, je vous le demande? Il a le nez chaud, il respire comme il devrait. Il a mangé et son gros ventre rond ronronne, comme d’habitude. Peut-être lit-il dans mes yeux toute l’immense merde dans laquelle j’essaie de nager, le nez en l’air et l’air rarrisime, empuantisé.

Je t’ai dit que je te haïssais, petite connasse? Ah, si, je te l’ai répété cent fois. Mais ton silence, tu vois, c’est comme une ignorance. Depuis que tu es partie en Afrique avec tes guignols, tu te pavanes les pattes ennoeutées, à faire des om et des hum parce que tu y crois et que tu aimes foncer dans les murs que tu te dresses toi-même. Mais tu ne reviendras pas pleurer sur mon épaule en me disant encore une fois que tu regrettes et que tu ne recommenceras pas.

Ça doit être pour ça que Jujube est triste ce matin. Elle doit entendre mes pensées morbides, mes engueulades silencieuses que je te fais toujours dans ton absence silencieuse.

Je m’approche du chat. De ton chat. Il crache. Il doit vraiment entendre mes pensées celui-là. Je tends les bras pour le prendre et il recule. Je vais être plus rusé que lui.

Je le saisis enfin. Il crache encore. Il n’est pas content.

Je le fous dans la boîte et je passe le ruban tout autour des ouvertures.

Tu le recevras peut-être dans une semaine ou deux. On ne sait jamais avec la lenteur du courrier.

Je hais les chats comme je te hais. Ça va me donner enfin toute la place pour aimer.

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