Archives pour la catégorie Drame humain

Drame humain : Tout ce qui touche les sentiments et toutes ces fantasies purements humaines. Au fond, s’il n’y avait que l’amour, on n’en parlerait même pas, ou si peu.

Essai et horreur

Selon les instructions inscrites sur le document, Donald tapa frénétiquement sur la touche « Détruire » sans résultat. Puis, alors qu’il désespérait de voir une réaction de ce foutu clavier, un déclic se fit entendre et tout fut détruit. Tout. Absolument tout, même sa chevelure jaune comme des blés au vent d’une tempête atomique.

C’est triste mais c’est tout.

La vie qui bat, ici bas

Le docteur m’a demandé encore une fois pourquoi j’étais venu le voir, comme s’il ne me croyait pas. Il me regardait avec ses yeux porcins, son visage rose, rond et je ne pouvais m’empêcher de penser à la lune, une grosse lune grasse qu’on voyait dans les premiers essais du cinématographe, une lune qui riait, une lune avec une fusée enfoncée dans l’un de ses yeux. Je ne savais pas si je devais répéter. Pourquoi devais-je répéter? Était-il sourd? Je ne répète jamais, à moins que ce que je dise soit enterré par une musique trop forte dans un bar, ce que je ne fais que très rarement vu que je déteste cette faune bigarrée qui s’alimente de shooters et qui s’observe comme des quartiers de viande dans une boucherie. Qui regarde la cuisse, qui regarde la poitrine, ha, les belles côtes, et cette bavette… J’en ai des frissons tant la bile qui remonte dans ma gorge me rappelle l’abandon, le désespoir d’aimer qui revient me hanter comme une persienne mal fermée un soir d’orage. Elle me frappe et m’insulte, comme la dernière, celle dont je ne me rappelle pas le nom, qui m’a craché au visage tout son venin avant de m’abandonner sur la place publique comme un vieux mouchoir de poche démodé.

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Une attente latente tente tant

Voilà trois heures qu’il regarde la fenêtre aux carreaux oblongs enveloppés d’une dentelle bon marché. Il fixe ce vide où, de temps en temps, passe une ombre colorée, un passant emmitouflé dans ses lainages qui promène le chien, une gardienne d’enfant nerveuse qui essaye de rattraper le temps au pas de course, un couple amoureux qui s’arrête à tous les cinq mètres pour échanger des coups de langue et des sourires bêtas, un individu étrange tout de noir vêtu au pas ralenti par de noirs desseins.

Les âmes passent et repassent, l’ignorent.

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Esquisse d’humain silencieux

La chose, trop vieille pour porter un nom, a été un jour, il y a très longtemps de cela, un homme bien. Par cet attribut, certes peu important au moment où nous le regardons, nous voulons dire qu’il n’a commis aucun crime, aucune indécence, non plus de mal, ne serait-ce qu’à un moustique, préférant de loin son existence banale, sans bruit ni regard de travers, à celle trépidante du monde moderne, cette curieuse ruche où tout doit être en mouvement, moult chahut, vide de tout sens dans une mer sans cesse agitée. Comme si ce monde allait tout à coup cesser d’exister si l’un de ces êtres décidait d’interrompre les entrechoquements de vie pour écouter l’univers qui, du reste, est déjà lui-même fort agité, malgré son apparente langueur.

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