Archives pour la catégorie Poésie

Des rimes qui rament dans le flot du fléau. Des vers pleins d’émois qui s’alignent sur le bar devant les verres vides de soi.

Barque à la dérive

Barque à la dérive
Sans rames
Pas la mienne

Tu te tues
Pauvre être sans âme, sans but
Tu te tues
Tu te hurles
Tu te hais
Tu te meurs

Barque à la dérive
Sans rames
Pas la mienne

Je vis
Riche de mon âme, sans but certes
Je vis
Je me murmure
J’apprends à m’aimer
Avant de mourir

Barque à la dérive
Sans rames
Pas le mienne

Je renais
Tu te meurs

Barque à la dérive.

Popcorn dans un bled dingue

Pourquoi faut-il qu’on m’haïsse?
Ou mieux encore qu’on m’épie?
D’accord, je me suis éclaté aux quatre vents
J’ai ri dans ma barbe
Mais là, je ris jaune
Tout a pété dans un pop hululaire
Je suis enfoncé dur dans le beurre mou
Et tout soufflé, mon esprit se caramélise
Mes doigts échappent l’essence sans sel
Dans la surabondance de l’inutile
De pensées salées, je suis passé au salace
Je me suis fait tout un cinéma
Je me sens radicule, graine de rien
Replié dans mon enveloppe virtuelle
Portant en moi le germe de l’autodestruction
Mais je me tais, sur le champ
Vert de rage, j’avale d’emblée ma pilule
Et j’attends de mûrir encore, comme toujours
Assis tranquillement dans ce bled dingue
Qu’est ma tête trop cultivée

Soif de vivre

Soif de vivre
Boire de cette liberté
Qui rend ivre
Redonne fierté

Désir ardent
De bouger, d’exploser
D’extirper l’impatient
La matière sclérosée

Ne plus finir
Ni clore ou chasser
Le moindre désir
Simplement aimer

Se vautrer dans ses rêves
Pour colmater la douleur
De la mort sans trêve
Qui alimente le malheur

Soif de vivre
Goûter à mon seul amour
Et chasser le givre
De son cœur chaque jour

Les larmes silencieuses

Les larmes silencieuses
Ô tristesse douloureuse
Coulent sur les joues
Des amoureux fous

Les corps enlacés
Se taisent pour se parler
Pour enfin chasser
La peur des blessés

Parler d’amour
Un jour
Parler des peurs
Sans heurts

Les corps tremblent
Se rassemblent
Les yeux se ferment
Résonnent les je t’aime

Puis la nuit cède sa place
Le rêve s’efface
Le jour paraît
Et reprend l’éternel ballet

Mer Vide

Sur une mer sans écume
Sans vagues
Sans éclairs ni colère de la nature
Il n’y a plus de bateaux
Plus de marins
Plus de peur
Il n’y a que la mort
Qui rôde et qui menace
Sans rien d’autre

Sur une mer sans eau
Sans soleil
Sans le vent qui chasse les bleus du ciel
Il n’y a plus d’espoir
Plus de vie
Plus rien
Il n’y a que le vide
Qui ne comble rien
Sans ce tout qu’est la vie

Tu me souris
Tu n’es pas cette mer vide
Tu es un tout
Les vagues, le vent
L’écume, la colère
Mais aussi l’espoir
La vie
Un tout
Et je ne veux que toi
Ma mer, en quelque sorte