Ce n’est pas la mort

Hier, au retour du resto, j’avais le nez bouché mais je me sentais bien. Sacrément mieux, en tout cas que ces derniers jours. Terrassé par un vilain rhume, je toussais, mouchais, endurais et maudissais ce mal qui m’a pris dès le lendemain de Noël. Je me suis reposé et j’ai pris quelques médicaments pour calmer ces humeurs qui ne cessaient de pulluler dans ma gorge et dans mon nez.

Hier, au retour du resto, j’avais le nez bouché mais je me sentais sacrément bien. Et puis, je me suis mis deux jets de lubrifiant nasal (Rhinaris) dans chacune de mes narines, histoire de me rincer un brin et ne pas sentir la brûlure de l’intérieur de mon nez toute la nuit. J’allais me payer une bonne nuit de dodo pour être en forme et célébrer l’arrivée de la nouvelle année avec les gens que j’aime. Ce fut une erreur bien malgré moi.

En quelques secondes, ce produit (non-médicamenteux, devrais-je préciser) s’est immiscé dans mon corps comme un poison. En quelques secondes, je me retrouvai couché sur le sol, secoué d’une toux atrocement étouffée, d’une gorge qui ne laissait plus passer qu’un mince filet d’air dans mes poumons. Je fus pris de nausées et je sentais mes yeux s’enfoncer dans mon crâne. Je fus aussitôt entouré d’une chaleur torride alors que les murs autour de moi prenaient des formes trapézoïdes. Pas un seul instant je crus alors mourir. Je me demandais ce qui m’arrivait mais ce ne pouvait être la mort car cette mort-là ne vient pas comme ça. Je vis ma femme accourir, soulever mon haut de pyjama, voir des plaques rouges sur tout mon corps, observer mon visage boursoufflé et puis revenir, en quelques secondes à peine, un verre d’eau à la main. Devant moi, il y avait une flaque de bave visqueuse. La mienne, mon dégât. Sans y penser, j’empoignai quatre papiers-mouchoirs et essuyai le tout, comme si c’était ce qu’il y avait de plus urgent à faire. Comme si c’était ça la vie.

En fait, je faisais une réaction anaphylactique. J’étais une devenu une bombe à retardement.

Puis, j’ai vomi, et vomi et presque hurlé.

Ce n’est pas la mort qui est venue. Mais une de ces ombres qui, comme une arme pointée sur moi, m’a fait une menace non voilée, m’indiquant que la vie est aussi fragile qu’un fil de verre.

Ce matin, je suis vivant. Inquiet, soit, mais bien vivant. Chaque bouffée d’air que je respire est un cadeau. La mort viendra bien un jour, mais pas aujourd’hui.

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