Conversation familière

Bfadz regarde encore la chose et, pour la quatrième fois, il hausse un sourcil.

« Comment ça fonctionne encore? Je n’ai pas trop compris. »

Lpovc soupire. Il se relève et actionne la chose devant le regard éteint de Bfadz qui croise les bras, avec l’air de se dire, « Qu’est-ce que je fais ici, moi? J’ai des tas d’autres choses à faire que de regarder ce bidule qui me semble tout à fait inutile. »

Son ami le regarde et attend encore une réaction. Puis il se fâche : « Coudon, Bfadz, t’es bouché ou quoi? C’est l’idée du siècle. Je te jure, ça va faire jaser dans pas grand temps et tout le monde va se l’arracher. Je ne peux pas m’imaginer le paquet de patentes que le monde va inventer avec ça. Bientôt, tout le monde va en avoir chez eux. Dehors, en dedans, partout je te dis. Dans le village voisin, l’autre côté du fleuve, merde! jusqu’au bord de la fin du monde, là-bas. »

Bfadz fait « Bfadz! » de la bouche (ce qui lui a valu son nom, on le devine) et fait mine de s’intéresser encore à ce qu’il a devant lui, mais rien n’y fait. « Non. Décidément, je ne vois pas! »

Lpovc crache par terre : « T’es vraiment d’une nullité préhistorique, Bfadz! Tu me déçois. Mais, je te dis, mon vieux, dans quelques semaines, un mois ou deux, tout le monde va en avoir et tu vas venir me voir pour m’en demander une! »

Bfadz lui fait signe de se taire et sort à l’extérieur. Puis, il se retourne, et en voyant l’air dépité de son ami, et lui demande, histoire d’être poli : « Comment ça s’appelle, ton truc, déjà? »

Lpovc, impatient, lui crie à tue-tête : « Une roue, imbécile. Une roue! »

Bfadz s’éloigne en secouant la tête tout en songeant : « Il y a de ces illuminés dans notre clan, ce n’est pas croyable… »

Quelque part derrière lui, une pomme tombe d’un pommier et fait « ipad » en touchant le sol. Mais, ça, curieusement, ça l’impressionne. Il ne sait pas pourquoi et hausse encore les épaules.

Une réflexion au sujet de « Conversation familière »

  1. Une nouveauté dans l’écriture où on ne se sent pas perdu parce que relié à nos connaissances de l’intemporel; je trouve cette signature de l’écrivain à travers sa personnalité heureuse comme une musique de Vivaldi.

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