L’arbre du p’tit Christ

On a branché le lumières et vlan! voilà que notre merveilleux arbre de Noël s’illumine et jette une lumière colorée dans la salle de séjour. Les enfants piaillent d’impatience. Les questions fusent: Quand… Quoi… Qui… Où… On spécule, on espère, on chante. Et moi, je suis derrière, le bras dessous celui du bras dessus de ma femme et on se dit qu’encore une fois, c’est la folie du temps des fêtes qui semble prendre le dessus sur tout.

Nous deux, on est un peu plates. On veut seulement s’aimer tout le temps. Pas juste à Noël. Pas juste devant l’arbre du p’tit Christ. On veut s’aimer et s’offrir ce cadeau à longueur d’année.

Je l’embrasse, elle me sourit et cette description de nous deux peut bien vous sembler quétaine et vieux jeu, mais c’est ma nourriture sur cette terre. On a beau vouloir faire de l’argent, se préparer une retraite, élever les enfants comme il faut, payer ses comptes et se taper le trafic du matin, il reste que seul l’amour est de cette vérité qui fait de notre vie un vraie joie.

Ça ne fait fait pas une histoire, me direz-vous. C’est vrai. Une histoire avec un début, un problème, un conflit. Une histoire avec un développement, des épreuvres, des obstacles, des semblants de résolutions jusqu’au climax, où on voit enfin poindre la fin, la chute, la joie ou la peine… Ceci n’est pas une histoire, conclurez-vous. C’est un blog, une pensée étirée, une sauce lissé au fouet dans un poêlon sur minimum. C’est vrai.

Alors, j’ajoute que si la vie en amour n’est pas une histoire, avec ses hauts et ses bas, ses petites situations tordues où on se dispute gentiment ou à coup de poêlon, avec ses moments d’une tendreté du genre meringue ou de dureté du genre papier émeri, pourquoi se fent-on en dix pour écrire et rééecrire des histoires d’amour?

Comme le chante Lynda Thalie (comme Dalida avant elle) :
« C’est l’histoire d’un amour, éternel et banal
Qui apporte chaque jour tout le bien tout le mal
Avec l’heure où l’on s’enlace, celle où l’on se dit adieu
Avec les soirees d’angoisse et les matins merveilleux« 

Me revoilà enlacé, tout contre ma douce et je lui dit: « Partons ma chérie! »

Elle me regarde, surprise et curieuse: « Mais où donc? »

« Là où nous serons heureux. »

Et elle rit de bon coeur. « On y est déjà, mon amour. »

Elle m’embrasse et on se dit qu’on est quétaine pas à peu près mais maudit qu’on s’aime.

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