L’été au parc

Je me suis assise sur un banc dans le parc pour reposer mes jambes. Je suis fatiguée. Je suis éreintée. Alors, je suis assise pour regarder le monde se fatiguer.

Et pour le plaisir, je me suis dit que peut-être que je pourrais rester là, assise sur un banc de parc, tout l’été, pour regarder la vie passer. Oublier les tracas de mon train-train quotidien, voir le temps passer avec des yeux grands ouverts.

Je suis restée assise pendant peut-être 2 heures. J’ai vu des passants qui passaient, des junkies qui se cherchait, des amoureux qui s’étaient trouvés. J’ai vu des enfants tirant du bout de leurs petits doigts les bras d’une mère exténuée, des livreurs attardés sur leur bicyclette zigzaguante, des vieillards occupés à mourir à petit feu en mâchouillant leurs dentiers. J’ai vu le soleil se cacher derrière quelques nuages tous joufflus. J’ai senti le vent me chatouiller les jambes. J’ai déboutonné mon chemisier, défait ma chevelure, fermé le cellulaire et regardé la vie telle qu’elle était devant moi à ce moment-là. J’ai vu des tas de choses et j’en ai deviné des milliers d’autres.

Les gens traînaient leur histoire. Leur vie était un roman de milliards de pages et j’en lisais un tout petit chapitre à chaque observation que j’en faisais. Je me disais que j’étais folle. J’eu une envie folle de tout écrire, de me saisir de leur vie, de déposer des mots sur une feuille blanche et les voir revivre par la grammaire, par une suite mélodique de sons et de passion. Je me sentis pousser des ailes.

Je me levai, embrassant une dernière fois du regard ce monde merveilleux avant de me diriger vers mon petit trois et demi sur la rue Bernard. Je marchai en sifflotant.

Arrivée chez moi, j’allumai l’écran de mon petit Mac et attendit patiemment que ne se charge tous les programmes. Quand je cliquai sur l’icône du traitement de texte, une petit fenêtre s’entrouvit: « Vous avez du nouveau courrier ». Je cliquai le bouton et attendit que n’apparaisse le dit message.

Salut Coquine.

J’ai trouvé un site merveilleux. C’est un gars qui écrit une histoire par jour. Va zyeuter. Tu m’en diras des nouvelles. Voici le lien:

http://1histoireparjour.blogspot.com/2007/07/357-lt-au-parc.html

Tilou

Je cliquai. Et depuis je pleure et pourtant je sais très bien que je n’existe pas.

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