Ah, le passé qui revient comme la marée sur une plage dépassée…

Pat en 1977

Il me revient des moments comme ça, où je me revois la tête pleine d’idées, le cerveau électrisé par des idées folles, à la Dalì. De cet autrefois, il me vient des vagues que je retiens, je ne sais trop pourquoi.

Je serais tenté de vous dire que c’était le bon vieux  temps, mais ça ferait vieillard et j’ai encore une couple de dizaines d’années à traverser avant de me plaindre de la sorte. Pourtant, déjà à cette époque, j’écrivais comme j’écris aujourd’hui, les neurones en partouze, sur une autoroute sans limite de vitesse. Seule la lenteur de mon index gauche qui tapoche sur le clavier, en solitaire, sans prendre le temps de relaxer, m’empêche de carburer à la formule un de mon inspiration.

Donc, l’âge n’y est pour rien. Le corps suit. L’appétit est encore là. Le désir aussi. Mais le passé revient comme la marée sur une plage dépassé par le temps lui-même. Comme si à cette époque je m’étais déjà projeté dans un futur bien défini, les fesses sur la bordure du cadre, les jambes qui balotent dans le vide. Seule ma tête et mon coeur est encadré.

J’en ai tout à coup assez d’écrire. Je sais que ce sera temporaire parce que si je fuis ma feuille virtuelle, bien vite se faufilent des idées dans ma tête, des mots s’échappent en guise de pollution nocturne, des histoires veulent se tailler un place dans mon firmament scriptif et me voilà bien vite de nouveau devant l’écran où le curseur me fait des clins d’oeil en attendant que je pioche mon trop-plein de nouvelles qui attendent à la queue-leu-leu de venir remplir les espaces de ma vie.

C’est cela : les mots remplissent le vide de ma vie. Quelle beauté que le verbe! Quel soulagement que de voir les phrases interminables en quête d’une virgule et qui se font arrêter par un point, sans suspension.

Je regarde cet être de 1977 et je n’éprouve ni nostalgie ni envie. Se voyait-il dans ce futur qui est maintenant mon présent? L’an 2000 était si loin, la quarantaine presque une condamnation à devenir une vieille personne.

Non, cet être, ce moi d’hier est aussi celui d’ajourd’hui, quelle que soit la manière que vous voudriez retourner la question.

Je m’assume.

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