Pépin et sa pitoune

Pépin, c’est mon copain. Il a les bleus. Sa pitoune (traduire en français par ‘copine’) l’a dumpé (traduire en français par ‘laissé tomber’) en disant qu’ils avaient besoin d’un break (traduire en… oh, et puis schnoute, cherchez-la vous-même!).

Bon, Pépin, c’est pas une beauté et pas une lumière non plus. Il a fini son secondaire sinque (sic) en payant un pot de vin au professeur titulaire et au directeur (qui avait en échange exigé d’autres choses pas très catholiques – quoique le clergé en a lui aussi profité il y a plusieurs années). Il a fait des jobs d’électricité, de plomberie, de bras, vendu des chars usagés, des téléphones cellulaires, des herbes hallucinogènes, des poudres aussi et des pastilles contre la toux.

Il a rencontré des tas de filles bien qui ont fugué, fumé, dansé, frenché et baisé en masse si bien qu’ils ont aussi pratiqué l’échangisme, sur le bras de l’Assurance-Mélodie, des petits bobos vénériens et évité, rendons graisse à Mère-Marie-de-l’Assomption, des trucs pas guérissables comme la sympathite A ou le SODA achevé qui terrassent même les bourgeois (mot démodé souvent employé dans un contexte littéraire ou blogiste révolutionnaire). Le visage grêlé, les yeux pochés et les dents du fumeur invétéré, il se la coulait douce depuis un an ou deux, avec sa pitoune, une prénommée et baptisée Clémentine qui faisait des trucs acrobatiques appris dans le cadre de son métier d’actrice de promos nues et crues. C’était elle aussi une trois watt et quart sur le 200 ampères.

Or, Pépin s’est levé de bon midi pour finir la pizza hawaïenne de la veille pour trouver un mot écrit de la main de son orangette qui disait à peu près ceci : Mon petit pain consacré par un prêtre, voilà trop longtemps que nous partageons la même couche et tes performances me déplaisant de plus en plus, je te signale que j’ai trouvé dans les bras de ton meilleur ami une satisfaction relativement supérieure et que je la préfère à ta présence accessoire. Bien à toi, ta tendre Clémentine (Traduit du québécois « Mon osti, j’en é assé de toué & de ta tite bizoune molle. Chu ché Ti-Mil qu’en a une plusse grosse k toé. Va chier. C. »)

Ému (il serra les dents un peu, brièvement, juste comme ça), il chiffonna le papier et s’en fut aux WC (mot pour mes amis Français) et déféqua (du verbe déf… oh, vous le savez, non-deux-yeux!) pour s’essuyer avec le petit mot écrit par sa petite crotte d’amour (Voilà un jeu de mot vulgaire mais que voulez-vous, on est tous humains avec nos faiblesses et c’en est une. )

Pépin en voulait à Émile, son ami d’enfance et il l’appela sur son cellulaire.

(Un instant, mon cellulaire sonne)

C’était mon chum Pépin. Il est en beau calrouge. Il est aussi en tabac-nâcre, en sacre-maman, en os-p’tit, en sivouplait, en beau fusil (ça, c’est plus poétique, merci à l’association des écrivains du St-Creux-De-Mes-Deux) et s’en vient me trouver. Je vais arrêter cette histoire et l’attendre avec mon sling-shot.

Quant à Clémentine, elle dort à poing fermé. C’est vrai que je suis un peu mieux membré. Et plus beau aussi.

C’est la loi de la nature, me semble.

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