J’ai mal au cœur

Pourquoi es-tu venu me prendre ma vie, ô toi, pauvre âme folle? Pourquoi tant de haine dans tes yeux? J’ai des pourquoi plein la bouche à vomir en lieu et place du sang qui sort de mes plaies. J’ai mal au cœur, au cœur de l’humanité si sauvage, si cruelle, qui tue à qui mieux mieux, sauvage comme dans les premiers temps, temps immémoriaux où on tuait pour sa survie, parce que d’autres, plus barbares que nous ne vivaient pas comme on l’entendait. Qu’as-tu à prouver, pauvre fou, avec tes revolvers brûlants, avec cette haine que tu décharges encore sur d’innocentes victimes de ta frustration? Je ne peux te haïr, petit homme, mais j’aurai peu de chance de te pardonner car j’entre dans le néant avec une souffrance plus grande que la tienne, celle d’un corps encore jeune qui se bat pour vivre, qui avait tout à apprendre, peut-être en vain, me diras-tu, mais tout de même…

Je n’ai que des pourquoi et tout ce silence qui hurle dans la lumière. J’y entre et toi, toi qui poursuis ce carnage, tu y entreras et tu regretteras, je le souhaite, ce monde que tu quittes sans le comprendre.

À ceux qui restent et qui y pensent: ne doutez pas un instant de l’amour et de la vie. Ouvrez vos coeurs et aimez sans condition plutôt que de haïr. Ne cherchez pas la minute de gloire. Elle est de si courte durée et elle ne vous apportera rien d’autre que de l’artificiel. L’éternité à regretter n’est pas une trace qu’on veut laisser.

Je me tais. Je meurs.

(En mémoire de ceux et celles qui sont tombés sous les balles du tueur fou de Virginia Tech)

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