Madame Rupert, une grosse femme dans la soixantaine, promène son chien, Maximilou, sur la Main. Il fait beau. Le soleil est chaud en cette fin d’été. L’automne va revenir avec ses bourrasques d’air frais et ses tourbillons de feuilles mortes. Madame Rupert n’aime pas l’hiver, ne l’a jamais aimé et ne l’aimera jamais. Elle aime Maximilou, son vieux chien, son vieil ami, et rien d’autre. Elle n’aime pas la télévision, non plus que la radio et ses musiques folles sur lesquelles les jeunes filles à moitié nues se trémoussent le nombril à l’air. Elle n’aime pas les amoureux qui se pourlèchent les babines en public, qui se photographient devant un monument ou un plante exotique. Elle hait les politiciens qui se laissent flotter au gré des sondages pour s’assurer un siège en permanence. Elle déteste les éboueurs, les pêcheurs, les industriels, les hommes d’affaires, les docteurs, les architectes, bref, elle n’aime pas grand chose.