Je ne me rappelle pas mes premiers mots. Ceux sortis de ma bouche. Je me rappelle cependant ceux que j’ai écrits sur une petite feuille de papier, une sorte de comptine illustrée, comme dans les cahiers du Sablier, la méthode qui nous était enseignée à l’époque.
Ce fut comme si je venais de me transformer en prestidigitateur.
À la maison, ma mère lisait. J’aimais la regarder plongée dans les aventures de Miss Marple, Hercule Poirot et Maigret. Elle semblait si heureuse. Peut-être que je me suis dit que j’allais la rendre heureuse en écrivant des mots moi aussi. Si bien que lorsque je revins à la maison avec mes trois ou quatre comptines inventées, je vis ce même bonheur surgir dans ses yeux, mais avec des larmes en boni. Sur le coup, j’ai cru lui avoir fait du mal, mais elle me rassura avec un câlin et sa voix toute douce : Tu es le meilleur, mon chéri. Meilleur que tout ce que je lis dans mes livres parce que ça vient de toi, de ton cœur.
Elle n’a pas eu la chance de voir ma passion se transformer en véritables livres imprimés, car son cœur amoureux des mots s’est éteint peu avant que j’atteigne ma treizième année. C’est à cette époque que je me suis promis d’écrire avec passion, comme pour combler le vide créé par son absence et célébrer la vie grâce à la lumière de la créativité.
Écrire, pour moi, c’est vivre, voire survivre. C’est respirer, me nourrir, toucher ce qui m’habite avec des mots.
La plupart des nouvelles offertes ici ont été écrites entre septembre 2005 et août 2026, au fil du temps, au gré de mes émotions. Certaines sont drôles, d’autres sombres. Plusieurs se déroulent dans un monde alternatif, une autre époque, défiant la vie comme la mort, le temps et l’éternel. La poésie, les jeux de mots, les clichés surfaits, l’humour sarcastique apparaissent au hasard sans filtre, crûment1. Tout y est, ou presque, juste pour le plaisir.
Maintenant que j’ai éprouvé cette joie de mettre mes mots sur papier, c’est à vous, chère lectrice et cher lecteur, de voyager à travers ma folie.
Pour le meilleur et pour le pire.
- On y retrouvera également des inventions grammaticales, des propos pour adultes avertis, des circonvolutions dans l’absurde, je tiens à vous avertir. ↩︎